Notre regard face à l’informatique et à la programmation doit changer.

« De toute manière, je suis nul/nulle en maths/informatique !» C’est toujours par de la tristesse que je réagis à cette remarque par trop banale à l’école, à l’université, comme au quotidien. Martin Grandjean demande dans son dernier billet [1] « des cours qui mettent en pratique des approches humanités numériques », mais ajoute que « l’apprentissage de la programmation ne se justifie que lorsque les chercheurs actifs dans la faculté en question en ont une utilité ». Je prétends que tout le monde doit avoir accès à des rudiments de programmation, bien avant d’en être à envisager d’entrer à l’université. Continue reading “Notre regard face à l’informatique et à la programmation doit changer.”

Humanités numériques : exemple à suivre pour les autres sciences ?

Voici ma réponse à Martin Grandjean, cinquième post de cette série en cours, et transfert vers un espace public de dizaines et dizaines d’heures passées à disserter sur ce sujet, durant nos pauses, entre l’Université et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (UNIL et EPFL). Continue reading “Humanités numériques : exemple à suivre pour les autres sciences ?”

Humanités numériques : une nouvelle dynamique, pour combien de temps ?

Suite à un billet s’interrogeant naïvement sur les humanités numériques, Martin Grandjean a rédigé une réponse développant plus avant certaines interrogations. Par ailleurs, il soulève une quantité importante de questions, traçant des parallèles entre le cas qui nous occupe et l’émergence dans notre histoire de diverses autres disciplines. J’aimerais ici poursuivre la discussion.

Une nouvelle dynamique

Dans son blog post, Martin utilise le terme très élégant de “nouvelle dynamique” pour ne pas avoir à trancher encore pour une définition ou une autre. Dans le fouillis des recherches menées en humanités numériques, des laboratoires s’attellent à appliquer des méthodes des sciences “dures”, (trop ?) amplement documentées par là-bas, sur des problématiques et des données issues des sciences humaines et sociales, afin de leur faire cracher ce qu’elles nous cachent encore (c’est le cas par exemple de la théorie des graphes, qui permet d’exploiter l’aspect relationnel de certains jeux de données). Pendant ce temps, d’autres laboratoire s’attellent, dans le sens contraire, à développer les outils qui leur permettront d’exploiter des données inexploitables auparavant (par exemple le close reading, une approche de l’analyse littéraire qui étudie les livres par milliers sans avoir à les ouvrir, et repose sur des méthodes de numérisation et de reconnaissance de caractères à grande échelle, parfois via du crowdsourcing). Continue reading “Humanités numériques : une nouvelle dynamique, pour combien de temps ?”

Humanités numériques : controverses

Les humanités numériques (en anglais, digital humanities) ont la propriété intéressante d’être ouvertes à toutes les définitions. Le terme, tout comme ce qu’il recoupe, est récent à l’échelle de l’histoire des sciences, et il y a autant de manière de définir les humanités numériques qu’il existe en leur sein de chercheuses et de chercheurs. Chacun peut proposer son interprétation de ce qu’est ce champ de recherche, ou cette approche scientifique. En effet, même ce point est à discuter. Tout comme le terme qui doit les regrouper en français : humanités numériques, ou digitales ? Continue reading “Humanités numériques : controverses”